mercredi 12 mai 2010

Problème (2)

Dans une relation de couple, le problème revient à la question de confiance: jusqu'où est-ce que je m'autorise à demander de l'aide à mon partenaire ? Jusqu'où est-ce que je m'autorise à me révéler moi-même ? Et donc, jusqu'où ma partenaire peut-elle avoir confiance en qui ne se démasque pas totalement ?

12 commentaires:

  1. Bien sur, je ne peux parler que de mon couple et je peux tout dire à mon compagnon. C'est possible. L'homme de ma vie n'est pas lui, mais j'ai du le laisser. C'est le Georg de mes écrits dans mon manuscrit des Interdits ordinaires.
    http://resilience-autofiction.over-blog.fr/categorie-11033806.html
    J'ai du le laisser parce que je n'avais pas confiance en lui. Ce qui m'embête, c'est que si tu te poses cette question, c'est que tu n'as pas confiance. Où alors si tu te fais un nœud dans la tête, et que tu sais que tu peux lui faire confiance, tu peux tout lui dire. Tout dire aussi met les choses au clair. C'est un peu "ça casse ou ça passe". Mais on y gagne toujours à pouvoir donner sa confiance. Je suis toujours étonnée de voir que maintenant, ce problème pour moi n'existe plus alors qu'il était récurent il y a quinze ans. Je te souhaite bon courage.

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  2. "jusqu'où est-ce que je m'autorise à demander de l'aide à mon partenaire ? Jusqu'où est-ce que je m'autorise à me révéler moi-même ? Et donc, jusqu'où ma partenaire peut-elle avoir confiance en qui ne se démasque pas totalement ?"
    vu de chez moi je dirais : jusqu'où le partenaire veut-il ou peut-il apporter une aide?
    ca dépend du partenaire : il y en a pour qui l'aide supposée c'est : passe à autre chose...
    si le partenaire est compréhensif on peut essayer de lâcher prise et montrer quand ca va mal la balle est alors dans le camp du partenaire qui essaye- avec sa personnalité -d'aider.
    pour la question de se révéler:
    moi je dirais : est-ce qu'on arrive vraiment à tout cacher? mes enfants me disent "quand tu ris tu n'es pas gaie !" je ris tout le temps et personne n'y crois!
    je pense aussi qu'on peut se révéler si on a confiance en faisant attention par exemple à ne pas blesser l'autre.
    en choisissant ses mots tout en disant ce qu'on a à dire.
    comme moi il n'y a pas eu de limites à ce que j'ai entendu enfant je ne sais pas toujours jusqu'où aller sans choquer puisque je me suis endurcie par habitude.
    or c'est une sorte d'autre monde où il faut tenter de s'adapter.
    pour la dernière question:
    il me semble que personne jamais ne se dévoile totalement
    il faut faire avec
    c'est par contre le problème du partenaire de donner ou non sa confiance.
    son libre-arbitre.
    ne pas se démasquer totalement n'est pas mentir
    ca n'est pas tromper l'autre sciemment comme un mensonge.
    il y a une sorte de volonté dans le mensonge, volonté de tromper, brouiller les pistes et pas- selon moi- dans le fait de ne pas se démasquer.

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  3. Ah cette fameuse histoire de confiance....
    Je suis heureuse de lire auteure anonyme qui dit l'avoir retrouvée il y a quelques années, tout espoir est donc permis...;)
    Je ne sais pas si tu as regardé l'émission sur arte l'autre jour, mais un des psy( je crois) en parlait et il disait quelque chose qui a fait écho en moi.
    "Les victimes d'incestes perdent la confiance", c'est un fait et d'après lui c'est ainsi pour la plupart jusqu'à la fin de leur vie. Et comment pourrait-il en être autrement ? Les personnes en qui nous aurions du avoir le plus confiance, l'ont justement saboté. Tué dans l'oeuf ! C'est difficilement rattrapable ce genre de boulette qui traumatise à vie.
    C'est aussi une problématique dans mon couple cette confiance qui n'est pas accordée à l'autre et pourtant je fais un travail énorme sur moi pour que cela ne transpire pas trop.
    Mais c'est plus fort que moi et c'est clair, je n'ai pas confiance en lui, ni aux autres bien évidement, mais en lui non plus et ce n'est pas une bonne chose effectivement car cela mine notre relation parce que ça la fausse.
    Qu'il ait entendu ce psy dans cette émission l'a "réconforté"....Je n'ai pas de problème avec lui, mais bien une problématique tout court.
    Finalement les seules personnes au monde en qui j'ai une confiance absolue, sont mes enfants.
    Bien à Toi Philippe

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  4. Derrière le manque de confiance, il y a la peur d'être aimé, la peur que la chose que l'autre aime ne corresponde pas avec ce que l'on pense être. Il y a une sorte de coupure en moi-même entre ce que je perçois de moi de façon rationnelle, sur la base des expériences assimilées et de tout ce qui est communicable et, donc, non délirant, et ce que je sens en moi sans vraiment le percevoir, le fruit d'expériences non assimilées et, donc, non communicables, même à moi-même.

    Je peux parler en toute sincérité à tous, et surtout à ma compagne et à mes enfants, mais je ne peux pas tout dire, la limite étant le sens de confusion qui soudain m'assaille lorsque certaines choses viennent à l'esprit: je ne peux pas communiquer ce sens de confusion, parce que là est la porte de la cave aux immondices, là je deviens poubelle, une poubelle qui envahit coeur et corps, un chaos sale face auquel j'ai l'impression d'imprégner les autres. Je ne veux plus peser, mais je voudrais devenir léger jusqu'à disparaître.

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  5. Je te promets que personne ne ressent de toi ce que tu ressens de toi quand le chaos t'assaille.
    Personne ne ressent ça. Personne. sauf l'enfant en toi qui souffre.A cause de la manière dont on l'a traité, il est devenu souffrance.
    C'est le mal qu'on lui a fait qui revient. Comme des flashs de souffrance.
    Désolée je ne trouve pas les mots mais je ne voudrai pas que tu penses ca, comment te le dire?

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  6. Je trouve que tu le dis bien Noëmi....
    Philippe, tu as le droit d'être aimé pour ce que tu es et je suis sûre que c'est le cas.
    Et tu es aussi parce que tu as vécu.
    Je te prends dans mes bras.

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  7. Tout ce que vous pourrez dire ne peux pas me rassurer parce que le sentiment n'a rien à voir avec ce qui est communicable. Sortir de l'inceste et de la pédophilie, c'est arriver à assimiler l'expérience de sorte à pouvoir en parler, à pouvoir y penser, à pouvoir soumettre son histoire à une narrative qui soit en harmonie avec le reste de sa propre existence sans que cela ait un effet destructeur. Par conséquent, et je suis sûr que vous en savez quelque chose, toute mesure de réconfort, même le plus extrême, ne suffit pas à vaincre les émotions qu'on ressent au fond de soi parce que ce n'est pas de réconfort, ou pas seulement, dont on a besoin. Pour répondre à auteure anonyme, il y a quelque chose toutefois qui continue de tourner dans ma tête, cette différence entre l'homme de ta vie en qui tu ne peux pas faire confiance, et l'autre en qui tu peux faire confiance. Cela remet en cause toute une vision que j'ai de l'amour et je ne suis pas sûr d'avoir compris ce que tu voulais dire, pour être franc. Jouer à "ça passe ou ça casse" ne me dis rien qui vaille si je ne suis pas en capacité de le faire: je sais que j'ai quelque chose à apporter au couple et si, d'une part, il y a cette chose en moi qui me ramène à la matière fécale, il y en a une autre qui reste fière et qui a justement été perçue par ma compagne, comme je la perçois en elle. C'est justement cette fierté qui m'attire en elle comme je la ressens en moi. Ceci dit, il n'y a pas en elle cette scission (ou pas au même degré du moins) qu'il y a en moi, ce qui amène ma compagne à dire que ceux qui ont abusé de moi vivent encore en moi et prennent pied dans notre famille à travers moi.

    C'est là, à ce point charnière, que le problème de la confiance intervient: là où cela fait mal et où il faut déballer son sac et se rabaisser encore, demander de l'aide, alors que c'est justement ce qui nous a été enlevé. Nous étions au moins quatre enfants à subir ce que nous avons subi, et une chose qui m'a toujours frappée a été le fait que nous n'en parlions jamais entre nous, alors que je suis sûr, et j'ai cru retrouver un souvenir, d'avoir assisté à au moins un viol de l'une des deux soeurs et que, dans ces fameuses douches publiques, nous étions tous les quatre présents pour le seul motif d'être exploités. Donc nous savions que les autres vivaient la même chose, mais nous n'en parlions pas. Sans compter ce qu'ils nous ont sans doute fait faire entre nous... Même là, nous n'en parlions pas et ne nous entraidions pas. Je n'ai jamais demandé d'aide à personne et ma mère, notre bourreau, nous avait enseigné qu'un homme ne demandait jamais d'aide. Cela est devenu une seconde nature en moi, mais aussi une entrave à l'expression de mes sentiments dans la mesure où, pour vivre mes sentiments, il faut que je les exprime mais les exprimer me pose ce fameux problème de confiance qui n'est pas seulement manque de confiance en l'autre, mais principalement en moi, avec la peur que l'autre prenne cet balourdise dans l'expression de mes sentiments comme une confusion des sentiments, comme un manque de sentiment, alors que ce n'est absolument pas le cas.

    Tout cela peut-être un peu désordonné, mais voilà où j'en suis.

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  8. Je comprends bien tout ce que tu dis....
    Je sais qu'aucun mot ne peut te rassurer, te consoler, mais c'est plus fort que moi, peut-être que quand je le fait c'est aussi un peu moi que j'essaie vainement de consoler ?
    C'est certains que le manque de confiance va dans les deux sens, nous n'avons pas plus confiance en nous qu'aux autres. Mais comment pourrait-il en être autrement puisque nous ne nous aimons pas ? Nous ne nous trouvons dignes de pas grand chose finalement.
    Bien à Toi et ta famille.

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  9. je sais philippe que pour le moment tu ne peux être rassuré car c'est plus compliqué que ca, mais moi je continuerai à dire cela car je le pense sincèrement.
    tu dis plus haut : "nous ne parlions jamais".
    peut-être il faudrait parler le plus possible.
    enfant ca n'était pas possible! trop horrible votre vécu, même pas de mots.
    plus tu parleras plus tu verras que tu ne te rabaisses pas en parlant.
    au début il n'y a pas besoin d'une confiance énorme dans l'auditoire, tu exposes ton vécu et tu n'attends rien d'autre, dans un groupe de paroles par exemple. Mais tu verras à force que tu ne seras pas rejeté.Au contraire à mon avis.
    ca n'est pas désordonné ce que tu écris, c'est très clair.
    pas de balourdise non plus.
    tu t'exprimes très bien et clairement.

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  10. Bonjour philippe,

    J'ai toujours plaisir à te lire, car tes mots ne sont souvent que trop justes. Du haut de mes vingt ans, j'aurais tendance à dire que lorsque la relation dure autant que ce que ta relation avec ta comapgne a duré, tu dois surement connaitre les limites de ce qu'elle aura la volonté d'emmagaziner. C'est dur de te dire ce que tu dois faire sans voir qui tu es réellement et sans te connaitre de fait ni ta compagne. Cependant, j'aurais tendance à dire que seule elle peut réellement t'aider. Seule elle, grâce à votre confiance mutuelle et aux longues années depuis lesquelles elle te connait peut t'aider au quotidien à avancer dans ton travail sur soi, elle saura déceler en toi les doutes et poser les questions qui te feront avancer. Je pense comme l'Auteure anonyme que la relation amoureuse est nécessairement et fondamentalement basée sur la confiance, et que tu dois tout pouvoir partager avec ta compagne. Car même si elle a cette "fierté", et qu'elle n'a peut-être pas la même sensibilité que toi car elle n'est pas passé au travers des mêmes épreuves que toi, elle est chaque jour à tes côtés, dans les bons jours comme dans les mauvais...

    Mais le problème est il réellement celui de la confiance en ta femme? Peut-être que la vraie barrière est la peur d'être à nouveau trahit par la femme que tu aimes, à nouveau rabaissé?

    Enfin, par rapport aux autres victimes que tu connais et pour avoir observé le même genre de relation ambigüe au sein de ma famille (non pas à cause d'abus mais à cause d'un décès), tout ce que je peux te dire c'est que dans mon cas je regrette que ce tabou n'est jamais été levé, et que crever l'abcès aurait sans doute pu faire grandement avancer les choses.

    j'espère que tu trouveras la force de dialoguer, d'avouer l'inavouable et de dire l'indicible, de vive voix et avec celle que tu aimes. Car c'est à ma connaissance le seul moyen de panser ces plaies qui ne saignent pas.

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  11. Du haut de tes vingt ans, les choses que tu as à dire sont tout aussi justes que du haut de mes plus de quarante ans: la vérité n'a pas d'âge. "Mais le problème est-il réellement celui de la confiance en ta femme? Peut-être que la vraie barrière est la peur d'être à nouveau trahi par la femme que tu aimes, à nouveau rabaissé?" Trahi par la femme généralement parlant, par mon attachement à la femme; ou tout simplement trahi comme je l'ai toujours été durant mon enfance: tous ces adultes qui me voulaient du bien, ma mère en premier. En qui faire confiance désormais ? Mais je sais que je peux me fier à celle que j'aime, mais je n'ose plus le faire, par honte de moi-même...

    Merci de ton mot.

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  12. Le manque de Confiance, la peur de la trahison sont donc l'origine de tous tes maux.

    Trahi par la mère, la première confidente. Tu n'arrives plus a te confier

    Trahi par la mère, celle qui t'a dupé, rabaissé, abusé. Tu ne sais plus qui croire

    Trahi par la mère, ce premier amour. Tu as donc peur qu'aimer fasse se répéter toute l'histoire?

    Et si le déclic venais en se jetant à l'eau? Je ne sais pas à quel point vous avez parlé de ce qui t'es arrivé avec ta femme, mais trouves-tu normal qu'un inconnu en sache plus sur ton passé que ta propre moitié? Je t'encourage une fois de plus a essayer de communiquer sur ce passé si lourd, pour alléger un peu tes épaules de ce fardeau qui pèse si lourd, et aider ta femme à comprendre ce qui te ronge car c'est sans doute quelque chose qui la préoccupe grandement...

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