lundi 12 mars 2012

Une vie en abrégé

Une vie en abrégé
0 an: Naissance
1 an: ???
2 ans: ???
3 ans: ???
4 ans: ???
5 ans: ???
6 ans: Table d'école, plumier, bibliothèque du fond de classe, ampoules anti-dépresseur
7 ans: ???
8 ans: ???
9 ans: Crise de nerfs (colonie de vacances) ??? Dictées au tableau, premier de la classe ???
10 ans: Premier de la classe, petits de la cour de récré, C et S
11 ans: Collège ?????
12 ans: ????
13 ans: Cours de français, le cancre ? Patricia ?
14 ans: ????
15 ans: Maman ? Fini le cancre. Taudis. Couscous. Vin.
16 ans: Lycée. ???? Veines coupées, aspirine, noyage, cime des arbres, cime des pylônes, courir nu dans la neige, mourir pour dormir, rire et souffrir, noir de l'âme, je suis noir.
17 ans: Bon élève, rupture, sang, souffrance, silence, fugue, viol
18 ans: Retour de fugue, caravane du légionnaire, sexe au milieu des autres, oduer d'alcool, séparation, libération, foyer, premier de la classe
19 ans: Bac, fac, étude, fuite en avant
20 ans: Fac, souffrance, exposés philosophiques noyés dans le vin et le sang, lettre écrite dans le sang, piion
21 ans: Alccol et sang, silence et souffrance, Jésus
22 ans: Illusion d'amour, quasi noyade, Allemagne, vivre dans la rue et travailler en usine, fausse libération. Boire, boire, boire; et fumer
23 ans: Retour d'Allemagne, dette, crier de désespoir, crier, mourir, mourir, crier; 1/2 litre de rhum vidé en 5 minutes chronométrées
24 ans: Service civil: autre fuite, voyages à l'étranger, boire, dette épongée
25 ans: L'amour, mais boire, boire
26: ans: L'amour, mais boire, boire; Italie, hantise de la déchéance, bronchite chronique grave, travail épisodique
27 ans: Angleterre, fuite en avant, travail épisodique
28 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
29 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
30 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
31 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique, mort de ma mère (?), une année d'amnésie
32 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
33 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
34 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
35 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
36 ans: Angleterre, étude, démon de l'alcool, amour, travail épisodique
37 ans: Naissance de notre aîné, travail établi, "richesse", retour en Italie
38 ans: Retour en Angleterre, travail, incertitude, rechutes
39 ans: Travail, incertitudes
40 ans: Retour en France, naissance du deuxième, incertitudes, travail
41 ans: Travail, incertitudes
42 ans: Travail, incertitudes, angoisses
43 ans: Naissance du troisième, explosion, voyage à l'hôpital, anti-dépresseurs, psychiâtre, puis suivi inceste - Travail
44 ans: Contact retrouvé avec C et S (surtout C): au-delà de l'inceste, les autres - Travail
45 ans: Angoisse, souffrance, suivi psy, incertitudes, travail
46 ans: Angoisse, souffrance, suivi psy, incertitudes, travail
47 ans: Angoisse, souffrance, incertitudes, travail, mais l'équilibre change peu à peu
48 ans: Souffrance, lutte, travail, le pied devient plus ferme, mais le passé reste. Rien n'est encore conquis, la braise continue de brûler sous la cendre et il est toujours possible d'y jeter de l'huile. Rien n'est gagné, mais jamais je n'ai été aussi fort.

Voilà à quoi se réduit une vie: la souffrance a toujours été là: peut-on vivre sans cela quand on est à ce point habitué ? Est-ce que vivre une existence de lutte n'est pas un subterfuge pour continuer en fait une vie de souffrance ? Je ne sais pas, mais je ne veux pas rester là où je suis. Mais le dragon dort sous la cendre, d'un sommeil léger. Le danger est présent.

mercredi 29 février 2012

Hommes victimes de viol: campagne choc pour les Six Nations

L'association Survivors UK lance une grande campagne de sensibilisation invitant les hommes victimes de viol à parler à l'occasion du tournoi des Six Nations. C'est la première campagne de cette envergure dans ce pays. En France, le viol des hommes reste un tabou et il n'existe aucune association leur venant spécifiquement en aide.
C'est une campagne de pub comme les britanniques en ont le secret. Frappante et sans détour, placardée grand format dans les rues de Londres. Elle a fait son apparition dans le métro la semaine dernière, pour coïncider avec le début du tournoi de rugby des Six nations.

Les supporters n'ont pas pu l'ignorer, affichée sur deux panneaux géants à Clapham Junction et sur un immense écran publicitaire à Waterloo station - deux passages obligés vers le stade de Twickenham où se jouent les matchs à domicile de l'équipe anglaise de rugby. L'image qui devait particulièrement retenir leur attention représente un ballon de rugby percé d'un clou, au dessus duquel on peut lire:

« Les vrais hommes se font violer... et en parler demande une vraie force. »

Clichés et préjugés

Avec cette campagne, l’association Survivors UK, qui vient en aide aux hommes victimes d’agressions sexuelles a choisi de s’attaquer à deux tabous: celui du viol et celui de l’homosexualité. Car les hommes abusés sexuellement ne le sont presque jamais par des femmes, mais bien par des hommes - hétérosexuels dans leur grande majorité.

“La question de l'homosexualité est centrale quand on parle du viol des hommes” pour Michael May, responsable de la petite structure associative. “Les hommes sont censés être forts et capables de se défendre par leurs propres moyens. Lorsqu’ils sont victimes d'un viol, ils se sentent humiliés et ont peur d’être "pris pour des homosexuels". C’est aussi pour ça que les victimes masculines parlent moins.”

En visant particulièrement les fans de rugby et en jouant sur des mécanismes homophobes, l’association n’a pas hésité à user d'un cliché contestable pour appuyer sa critique de certains préjugés. Michael May revendique même ce parti pris, qui n'a rien de paradoxal à ses yeux:

« On voulait une campagne sans détours, et l'image virile du rugby correspondait bien à notre volonté de combattre les présupposés sur l’identité des hommes victimes de viol. Un joueur de rugby de 90 kg peut se faire violer, comme un banquier ou un chef de gang.”

Michael May insiste: il est faux de penser que les homosexuels sont plus victimes d’abus que les hétérosexuels. Même s’il est vrai que débarrassés des clichés hétéro-normés, ceux-ci hésitent moins à porter plainte.

Un phénomène difficile à quantifier

Cette campagne fait suite à une étude récente de la Metropolitan police - la police londonienne - qui révèle qu'à Londres, un homme est victime d'une agression sexuelle toutes les heures en moyenne. Par ailleurs, seules 11 % des victimes finissent par déposer une plainte, selon le gouvernement britannique. Michael May estime donc qu’il y aurait eu 8 500 hommes victimes d'agressions sexuelles à Londres entre 2009 et 2010 - loin des 945 plaintes enregistrées par la police sur cette même période.

Difficile pourtant de se faire une idée précise du nombre réel d’agressions, car si le phénomène est fréquent, il est généralement tu. Or, les témoignages constituent l’unique source dont disposent les chercheurs pour évaluer la proportion de personnes ayant été victimes d’agressions sexuelles au cours de leur vie.

Dans une étude sur les violences sexuelles en France, publiée en 2008, les chercheurs Michel Bozon et Nathalie Bajos (également auteurs de Contexte de la sexualité en France) indiquent pour leur part que 16% des femmes et 5 % des hommes déclarent avoir subi des rapports forcés ou des tentatives de rapports forcés au cours de leur vie. Pour la très grande majorité des hommes, lorsqu’ils étaient enfants ou adolescents.

Pas d’écoute spécifique en France

Une seule certitude: les hommes ont beaucoup plus de mal que les femmes à aborder la question. Selon la même étude, seuls 0,6% des hommes portent plainte, contre 4% des femmes. Cette disparité est accentuée par “le manque d’information, qui s’accompagne d’une absence de mobilisation sociale sur ce thème en France”, selon Michel Bozon.

Et les faits parlent d’eux-même: alors qu’en Grande Bretagne, on dénombre cinq associations qui prennent spécifiquement en charge les hommes ayant été victimes d’abus sexuels, en France, il n’en existe aucune.

Pourtant, “c’est quand il y a des structures de soutien adaptées et légitimes que des catégories se révèlent”, ainsi que le souligne une responsable du Collectif féministe contre le viol (CFCV), la principale association d’aide aux victimes d’abus sexuels en France. Depuis 1986, ses bénévoles reçoivent chaque année de nombreux témoignages d’hommes. “Ceux-ci représentent de 10 à 15% des appels”, indique-t-on à l’association.

Beaucoup de ces victimes ont été redirigées vers cette ligne après s’être adressé à des associations de lutte contre l’homophobie ou d’information sur le Sida. La responsable interrogée salue l’initiative britannique, avec mesure:

“Ça fait des années que nous pensons que les hommes devraient s’organiser sur le sujet. Nous, nous sommes un collectif de femmes qui viennent en aide aux femmes. C’est un énorme travail, et nous ne pouvons pas traiter spécifiquement les témoignages masculins.”

Elle poursuit avec une pointe d’ironie lasse dans la voix : “Mais il faut relativiser les choses: les femmes victimes de viols sont tellement plus nombreuses ! Et là aussi, on n’en est qu’au tout début de la prise de conscience. ”

Liza Fabbian

jeudi 9 février 2012

Prostitution à Madagascar

50% des prostituées sont mineures

Durant la présentation des résultats de l'étude sur la prostitution des mineures hier au Motel Anosy, le Groupe développement Madagascar a démontré que plus de 50% des prostituées de la ville d'Antananarivo sont des jeunes filles âgées de moins de 18 ans. Il y a une loi qui dicte les sanctions pénales liées à l'exploitation sexuelle des mineures mais cela n'empêche pas le phénomène de prendre de l'ampleur durant ces quelques dernières années. 56% d'entre elles résident dans les zones défavorisées, les bas-quartiers de la ville d'Antananarivo et débutent à l'âge de 12 ans.






Actuellement, l'offre dépasse largement la demande à cause de divers facteurs socio-économiques que les jeunes filles traversent quotidiennement. Les jeunes filles malgaches sont plus vulnérables face à cette situation car suite aux difficultés économiques, le faible niveau d'éducation ainsi que les violences morales et physiques portées sur elles, les filles décident de se lancer dans l'exercice du plus vieux métier du monde. Les jeunes pratiquantes sont les plus souvent tentées sous l'influence de leurs pairs et des travailleuses de sexe (TDS) elles-mêmes. Selon les données collectées par ce groupe, plus de 50% des TDS sont des mineures et 56% viennent des familles défavorisées résidant aux alentours d'Antananarivo.

Les données présentées par le Groupe développement Madagascar ne concernent que la ville d'Antananarivo mais ce phénomène, favorisé par le tourisme sexuel, est très présent dans les régions côtières de la Grande île. En effet, les chargés de programme au sein de l'ONG effectueront des études plus poussées sur l'ampleur de cette situation dans les villes à vocation touristique comme Nosy-Be et Mahajanga.

Les belles de nuit sont souvent amochées

La lutte contre le travail des enfants et les violences sur les femmes et les enfants est souvent mise en exergue dans les projets de nombreux organismes sociaux. Or le domaine de la prostitution regroupe les deux faits à la fois. La violence est à la fois cause et conséquence de l'exercice de ce métier. L'agressivité des clients engendre des dommages corporels et psychologiques chez les victimes. Les blessures qui leurs sont infligées engendrent une auto-marginalisation des mineures. 35% des prostituées ont été déjà victimes d'agressions commises par leurs clients dont 24,5% des violences morales, 18% des agressions physiques et sexuelles, 15% victimes de violences verbales et psychologiques et 4,4% des violences liées à l'alcoolisme. Notons que plus de 90% des clients sont en état d'ivresse. En ce qui concerne les violences sexuelles, beaucoup de ces prostituées ont été déjà victimes de viol collectif. Les études de cet ONG ont montré que 35% des prostituées ne sont pas à l'abri des violences intrafamiliales et encore moins à l'abri des violences de certains clients même s'il y a des lois qui régissent la protection des femmes et des enfants. D'après les données présentées par Honoré Rafalimaro, knowledge manager du Groupe développement Madagascar, 47% des jeunes TDS exercent le métier à cause de problèmes financiers et 16% s'y sont lancées sous l'influence de leurs pairs. 67% des hommes qui fréquentent les jeunes mineures sont des clients habituels, et seuls 31% des clients restent des clients fixes pour les plus âgées. L'étude de la clientèle a montré que 65% des clients affirment les mineures quand ils doutent de leur âge.

mercredi 11 janvier 2012

Les traumatismes dans l'enfance modifient un gène lié à la réponse au stress

Les traumatismes dans l'enfance peuvent altérer la façon dont le cerveau réagit au stress, suggère une étude canadienne publiée dans la revue Nature Neuroscience.

L'analyse des tissus cérébraux d'adultes qui se sont suicidés a montré des changements génétiques chez les personnes ayant souffert d'abus à un âge précoce. Ces changements affectent la production d'un récepteur impliqué dans la réponse au stress. Cette étude suggère que les expériences de l'enfance, alors que le cerveau se développe, peuvent avoir un impact à long terme sur la façon dont une personne répond aux situations stressantes.

Des recherches précédentes ont déjà montré que les traumatismes sont associés, plus tard dans la vie, à des réactions plus fortes aux situations stressantes.

Douglas Gustavo Turecki, Michael Meaney et leurs collègues de l'Université McGill (Montréal, Canada) ont étudié le gène (NR3C1) contrôlant le récepteur des glucocorticoïdes (qui jouent un rôle dans la régulation du stress) chez 12 hommes victimes de suicide avec des antécédents d'abus dans l'enfance, 12 hommes victimes de suicide sans antécédents d'abus et 12 hommes qui ne s'étaient pas suicidés.

Ils ont observé des marques chimiques qui réduisaient l'activité du gène chez ceux qui avaient subi de l'abus et découvert que cette activité réduite était liée à un nombre réduit de récepteurs.

Les interactions entre l'environnement (l'expérience) et l'ADN (les gènes) (1) jouent ainsi un rôle important dans la capacité de résistance au stress. Cette modification de l'activité génétique peut amener une personne à être dans un état constant de stress disposant à la dépression, l'anxiété et possiblement même au suicide.

Les chercheurs croient que ces changements biochimiques peuvent aussi survenir en réponse à des traumatismes plus tard dans la vie. Il est également possible, considèrent-ils, que ces changements puissent être réversibles.

(1) L'influence de l'environnement (ou de l'expérience) dans le fonctionnement (ou "l'expression") des gènes est dite "épigénétique".

Psychomédia avec source:
Science Daily

Fureur en Grèce : la pédophilie classée comme handicap

Des groupes de personnes handicapées grecques ont exprimé leur colère lundi suite à une décision du gouvernement d’étendre la liste des catégories d’invalidité reconnus par l’Etat, afin d’inclure la pédophilie, l’exhibitionnisme et la cleptomanie.

La Confédération nationale des personnes handicapées a nommé cette action d’«incompréhensible» et a précisé que les pédophiles auraient désormais une aide au handicap plus élevée que certaines personnes qui ont reçu des greffes d’organes.

Le ministère du Travail a déclaré que l’élargissement des catégories – qui comprend maintenant les pyromanes, les joueurs compulsifs, les fétichistes et sadomasochistes – a été effectué à des fins d’évaluation médicale et utilisé comme une jauge d’octroi d’aide financière.

Mais Yannis Vardakastanis, responsable du CNDP, qui est aveugle, a averti que cette nouvelle liste pourrait créer de nouvelles difficultés pour les handicapés Grecs qui font déjà face à des réductions des prestations dues à la crise financière.

«Ce qui arrive est incompréhensible. Il doit y avoir une grosse erreur. Le ministère doit avoir une politique différente sur le handicap,»a dit à l’Associated Press. «La liste contient des changements majeurs des quotients d’invalidité, ce qui pourrait supprimer les avantages de beaucoup d’handicapés. «

La nouvelle liste applique un taux d’invalidité de 35% aux pyromanes et aux pédophiles, comparativement à 80% pour des greffés du coeur.

«Ce n’est vraiment pas sérieux d’accorder un taux de 20-30% d’invalidité aux voyeurs, et de 10% pour les diabétiques, qui ont des injections d’insuline quatre ou cinq fois par jour,» a déclaré Vardakastanis. [Associated Press]

source : ekathimerini

lundi 12 décembre 2011

Outreau

Outreau : certains pédophiles acquittés ont du mauvais sang à se faire avec le second témoignage à sa majorité d’un enfant victime de leurs sévices, Dimitri Delay

09 décembre 2011

Au moins 11 adultes, et pas seulement les 4 condamnés d’Outreau – ses parents Myriam Badaoui-Thierry Delay ainsi que le couple David Delplanque-Aurélie Grenon -, ont violé à Outreau Dimitri Delay, cet enfant désormais majeur, ainsi qu’il vient de me l’affirmer hier à Boulogne-sur-Mer.

En mai dernier, Chérif (ex-Kevin) Delay, son aîné également devenu majeur, avait lui-même cité sans les nommer 9 adultes auteurs de sévices sexuels contre lui.

Le scandale d’Outreau est ainsi en train de rebondir avec une succession de révélations accablantes pour des prédateurs acquittés, mais positives pour les enfants violés, dont la parole était niée depuis le procès en appel de 2005.

Dimitri Delay, l’un des 12 enfants – dont Chérif – reconnus victimes de sévices sexuels à Outreau, porte le fer dans une plaie jamais cicatrisée pour ces mineurs sodomisés par des adultes, puis malmenés et traités de menteurs aux Assises par les avocats de la défense.

Le pendule de la justice revient peu à peu en arrière, après les monstruosités commises contre les enfants durant les procès d’Outreau (à Saint-Omer puis à Paris en appel).
C’est ainsi que Chérif Delay n’a écopé d’aucune peine de prison hier devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer, malgré ses menaces de mort répétées sur Facebook contre le couple Lavier, acquitté à Outreau.

Les deux frères martyrs se sont retrouvés lors de ce procès, six ans après le verdict d’Outreau qui avait acquitté 13 adultes accusés, et aboli la parole des enfants au profit des prédateurs, a posteriori dans toute la France.

Franck et Sandrine Lavier, ni leur avocat Frank Berton, n’ont daigné se présenter à l’audience pour le jugement de Chérif Delay. Et pour cause : ces deux ex-accusés d’Outreau, acquittés puis grassement indemnisés pour leur détention provisoire (240.000 euros par personne en moyenne), vont comparaître devant ce même tribunal de Boulogne le 26 janvier prochain pour une nouvelle présumée corruption de mineurs.

Les vidéos récupérées par la police dans leur ordinateur lors de leur garde à vue de mars dernier, suite à la fuite de deux de leurs enfants victimes de violences et désormais placés dans un foyer, les montrent nus mimant l’acte sexuel devant des mineurs.

Ceux des autres acquittés que citent Dimitri et Chérif sont à la merci d’autres mineurs devenus adultes, ou en passe de l’être, s’ils profèrent le même constat. Même si un nouveau procès contre des acquittés ne peut avoir lieu à partir de ces révélations, selon la loi, il pourrait être déclenché si l’un des enfants violés mais non convoqué aux Assises venait à porter plainte à sa majorité.

Or, selon mes informations, ils sont au moins deux, ces mineurs sodomisés, à avoir été écartés des procès Outreau pour un retard dans l’acheminement de leurs dossiers par les magistrats responsables.

A suivre !

mardi 29 novembre 2011

Les vrais prédateurs sexuels

Jean-Pierre Rosenczveig est président du Tribunal pour enfants de Bobigny. Auteur de nombreux ouvrages sur les droits de l’enfant et blogueur, il revient sur la définition des prédateurs sexuels – tels que définis par les associations de lutte contre la pédophilie sur Internet – et les modifications qu’Internet a apporté au cours de ces dernières années.

Comment définir la pédophilie ?

Je revendique une formule qui exprime tout pour moi : les enfants ont droit à l’amour mais pas à ce qu’on leur fasse. On a le droit d’avoir de l’affection pour un gamin ou une gamine, mais il y a des limites posées non seulement par la morale et l’éthique personnelle mais surtout par le code pénal. Ce dernier pose une série d’interdits notamment en ce qui concerne les relations entre enfant et adulte et qui sanctionne les faits. Les circonstances sont aggravées lorsque la victime est très jeune et lorsque l’auteur est en position d’autorité sur l’enfant.

La pédophilie est à la fois un fait criminel et un fait sociologique. Au cours de certaines périodes de l’histoire ou dans certaines cultures, le fait n’existerait pas, ce qui est largement contesté. Mais globalement, le sens de l’histoire est d’admettre qu’il puisse y avoir des relations sexuelles entre individus pour des raisons non reproductibles et pour des raisons de plaisir. Pour autant ces relations sexuelles sont effectivement à considérer avec des interdits : ceux de protection pour éviter que certains n’abusent de leur force à l’égard d’autres plus faibles. Dans la pédophilie c’est le plus fort contre plus faible que lui. Certains plus fragiles ne pouvant pas manifester leur opposition. Après jurisprudence, le législateur est venu reconnaître cette position de faiblesse ou de déséquilibre entre deux êtres humains : enfant/adulte.



La définition même de l’enfant évolue aussi ?

Au sens général du terme, l’enfant est une personne de moins de 18 ans et l’enfant de moins de quinze ans est plus spécialement protégé. Mais d’une manière générale, ce concept d’enfant est en train de s’estomper au profit d’une approche plus globale de la personne vulnérable. L’âge et la vulnérabilité ne se cumulent pas sur le plan juridique mais ces critères vont entrer en ligne de compte. Le fait d’être un enfant de moins de quinze ans pose déjà une présomption de faiblesse. De façon purement subjective, dans la période historique que nous sommes en train de vivre, je pense qu’avec le degré de civilisation qu’est le nôtre, nous prenons plus en compte le respect de l’autre, en particulier de l’enfant. Nous sommes dans une période où il y a moins de maltraitance physique. Ce qui n’a plus rien à voir avec le 17ème siècle en Europe. La vie ne vaut plus la même chose.

Dans ces affaires-là, il n’y a pas d’équilibre de discernement entre ce qui est bien et ce qui est mal de la part de l’adulte ? Comment se définissent-ils ?

Il y a effectivement un certains nombre de personnes qui sont portées vers des enfants dans leurs relations affectives et sexuelles et qu’ils peuvent plus ou moins entretenir. Mais la relation amoureuse et plus la relation sexuelle doit être consentie des deux côtés. Or, pour qu’elle soit consentie, il faut qu’elle soit équilibrée. Ce qui n’est pas le cas entre un homme de 35 ans et une jeune fille de 14 ou 15 ans. Et même s’il n’y a pas de lien familial ou d’autorité, les histoires sont différentes, la structuration et l’expérience de la vie aussi. La jeune fille de 14 ans découvre la sexualité alors que l’adulte non. Il n’y a plus de négociation à avoir avec une jeune fille qu’on peut embobiner à travers le père qu’elle recherche, une personne qui projetterait une image, ou qui aurait du pouvoir. Celui qui tient ce discours a de l’autorité sur elle. Une jeune fille ou un enfant ne peut pas imaginer que l’adulte qui vient vers lui soit quelqu’un qui lui veuille du mal. Dans une relation normale, personne ne cherche à faire du mal à l’un ou à l’autre. Dans la relation pédophile, l’adulte pour se dédouaner va soutenir, et ce sera toujours son “mot”, qu’il a été séduit par l’enfant. En d’autres termes, il va reprocher à l’enfant d’avoir développé un art de la séduction et dans son esprit il y a bien une victime et un coupable. Sauf qu’il va essayer de se défausser de sa responsabilité de coupable en se désignant comme victime.

“l’adulte lui est présenté comme étant quelqu’un qui n’est pas dangereux”
Il va toujours prendre un temps pour la séduction, sinon c’est une agression “simple” ou un viol. Je ne connais pas un pédophile qui n’ait pas fait de travail d’approche, sous forme de séduction, pour faire tomber les quelques résistances qui pourraient exister et surtout pour faire fonctionner le dispositifs d’appétence. Mais un pédophile inscrit son comportement dans la relation, dans le temps. Et Internet ou pas, il va utiliser des subterfuges. Petit à petit en levant son masque il aura crée un tel climat de confiance que la jeune personne en face de lui, même si le masque est tombé ne tirera rien d’autre de son aveu que le constat qu’il est vieux et pas elle.

C’est la plus grande différence : la présence de protection et le respect de l’un et de l’autre. On est limité par soi même et par les limites de l’autre, les barrières existent. Mais dans la relation entre un enfant et un adulte, le réseau de protection n’existe pas, l’enfant peut trouver que la situation est naturelle et d’autant plus quand l’adulte lui est présenté comme étant quelqu’un qui n’est pas dangereux et qui ne va pas lui faire de mal. Le pédophile arrive avec des chocolats !



Pourquoi les statistiques sur le sujet ne sont pas forcément fiables et quasi-absentes concernant les agressions suite à de mauvaises rencontres sur Internet ?

Au niveau des statistiques, Sébastian Roché, chercheur en sociologie à Grenoble, démontre qu’on ne connaît qu’un fait de délinquance sur cinq. Un fait est connu quand quatre autres se sont déroulés, à l’image du premier. Dans certains domaines, le taux de non connaissance est plus faible qu’ailleurs. En imaginant celui sur les violences et les abus sur enfants, on les repère plus facilement que les infractions fiscales ou les détournements. Les victimes sont des victimes physiques et autour des enfants il y a tout un système de dépistage, qui doit permettre de réduire au minimum le taux de non visibilité. Aujourd’hui on a réussi à libérer la parole. Mais a-t-on plus de chances de voir un enfant dire qu’il a été victime de violences sexuelles ou que par delà sa parole, on va réussir à le démontrer à travers son comportement ses écrits ou son silence ? Je vois souvent le terme d’“ambiance pédophile” dans des rapports sur une famille. Il y a une ambiance pédophile, des choses qui relèvent de la pédophilie mais il n’y a rien, aucun fait. À l’heure actuelle, il y a une augmentation des faits connus mais personne ne peut affirmer qu’il s’agit d’une augmentation des faits commis.

On peut connaître les variations de cas connus. C’est ce que je fais dans le cadre de mon travail. Et sur 30 ans, nous avons pu contribuer à ouvrir les yeux de ceux qui ne savaient pas entendre et comprendre. Est-ce qu’on peut en déduire une augmentation du nombre d’affaires sexuelles dans les juridictions, ça veut dire qu’il y a une augmentation par dix ou par cent des violences sexuelles imposée aux enfants? Non, ça veut dire qu’on peut multiplier par X le nombre d’affaires connues et qui donnent matière à une poursuite. Il y a toujours X faits de pédophilie par an, simplement à un moment donné, on pouvait en voir dix et aujourd’hui on en voit 25. Mais peut-être il y en a plus que cent …

N’est-il pas alarmiste de dire qu’Internet permet d’augmenter ce genre de pratiques ?

En tout cas Internet ou la pédophilie par Internet ne doit pas différer de ce qu’il s’est toujours passé dans ce domaine là. Simplement les nouvelles techniques viennent à la fois faciliter les choses, ouvrir de nouvelles voies. Mais comme par le passé ! On sait tous qu’avant on parlait plus d’hommes qui pouvaient aller dans les jardins publics et qui s’exhibaient, voire qui cherchaient …. Est-ce que fondamentalement, les attitudes et les mécanismes, les ressorts, sont différents d’aujourd’hui ?

“Sur les cent personnes avec qui votre enfant discute sur Internet, il n’y peut-être aucun pédophile !”
Il faut aussi savoir être réaliste, on peut développer la thèse du “plus on en parle et plus on accentue le phénomène” , mais …. En étant un peu les pieds sur terre, vous vous méfiez des vieux messieurs dans les parcs qui pouvaient agresser votre enfant. La solution pour éviter ce genre de situation était de quitter le parc ou de ne jamais laisser votre enfant seul. Vous aviez la capacité de mettre en oeuvre une protection autour de votre enfant. Aujourd’hui, vous tournez le dos, vous êtes dans la cuisine et votre enfant dans sa chambre discute avec plusieurs contacts que vous pouvez ne pas connaître. Vous pensez votre enfant en sécurité mais peut-être pas … Après sur les cent personnes qu’il connaît ou avec qui il discute, il n’y peut-être aucun pédophile !

Quel est le vrai rôle d’Internet dans ce cas ?

Il y a 35 ans il n’y avait pas internet, et c’est vrai que les nouvelles technologies facilitent le “travail”, l’approche qu’un certain nombre de gens développent en direction des populations les plus fragiles. Mais sans le nier, il n’y a pas non plus à paniquer. Quand j’avais moins de 25 ans, on nous a appris à savoir lire le journal et à maîtriser l’accès à l’information. Plus que jamais cette démarche d’apprendre à maîtriser les instruments s’impose et il faut apprendre aux enfants à connaître l’offre de services qu’est internet. C’est un instrument extra-ordinaire de culture et de distribution du savoir, de l’accès au savoir. Nous verrons très bien demain la ligne de clivage entre ceux qui ont accès à internet et ceux qui n’ont pas accès à internet. Avant ça, comme tout instrument, il faut savoir s’en servir ! Avec un simple crayon noir on peut écrire un document diffamatoire, déborder d’injures comme écrire un chef d’oeuvre. Et avec un Mont Blanc on peut écrire quelque chose de totalement stupide. Donc ce n'est pas l’instrument qui est en cause, c’est la maîtrise de l’instrument.