samedi 2 mai 2026

Comprendre ou pardonner

 



La question du pardon est plutôt vaste, mais elle reste extrêmement personnelle. Il n’y a pas de réponse universelle selon moi, pas de réponse meilleure que les autres.

Ma démarche est avant tout d’essayer de me comprendre moi-même, de m’exprimer pour cela, et parfois de m’exposer dans le sens d’exposer mes cheminements intérieurs et, peut-être, d’interroger d’éventuels lecteurs, d’éventuels « autres ».

Donc, je commence par une provocation : je sais que beaucoup – psychologues, professionnels, experts de ceci ou cela, et même victimes d’inceste – pensent que le pardon fait partie du chemin que la personne blessée doit parcourir pour se sentir mieux.

Je le dis de suite: pas de pardon pour moi. Ce que j’ai subi est inscrit dans mon ADN, au sens figuratif du terme, bien sûr: l’ADN de la personnalité que je suis devenu, les mécanismes, dont certains très déterministes, qui font partie de moi. 

Je peux comprendre : je comprends que ma mère était malade, profondément malade, et qu’elle ne pouvait pas s’occuper de moi. Ceci dit, j’ai grandi malgré elle, puis sans elle, voire contre elle. Elle ne fait plus partie de ma vie, seule son empreinte reste. Je suis le fruit de son existence passée, mais il n’y a pas d’amour, il n’y en aura jamais.

Il n’y a pas de haine non plus, parce que la haine est une autre forme de dépendance, et j’ai passé ce stade.

Si ma mère était encore en vie, je ne chercherais pas à la voir, à lui parler, à chercher quelque chose en elle qui explique le pourquoi: une motivation, une erreur, une clé en elle pour comprendre. Il n’y a rien à comprendre à part qu’elle était objectivement malade, et que sa maladie avait un très fort aspect moral : non seulement je n’étais pas un fils pour elle, mais j’étais une source de revenu matériel. Au-delà, il n’y a rien à comprendre.


Pas de pardon non plus pour mon père qui n’a rien fait : il n’a rien vu, rien voulu voir, et quand je lui ai fait voir, il n’a pas voulu regarder. Le regard est une chose très claire : finalement, on le porte là où on veut. Lui m’a donné la faute. Là encore, je comprends dans une certaine mesure: je n’ai pas les détails, mais j’ai pu comprendre suffisamment pour savoir que lui-même ne comprenait pas.

Comprendre, toutefois, n’est pas pardonner. Je comprends et condamne quand même. Avec les circonstances atténuantes si on veut, mais c’est tout. Mais comprendre libère de la haine, et c’est là l’important, car la haine est une prison.


 

vendredi 1 mai 2026

Vérité - Réalité

Je crois qu'une partie de mon problème avec la vérité est que je crois l'avoir découverte trop tôt: les hommes sont des porcs, et les femmes aussi. Mais il ne faut surtout pas le dire. Donc, un monde dans lequel tout le monde sait, mais personne ne dit, un monde où la vérité ne se dit pas, se nie.

De là, on ne croit plus en ce qui se dit entre personnes, la vérité au niveau de la société et des gens n'est qu'un moyen de faire passer le temps, d'essayer de vivre ensemble, de parler pour ne rien dire.


La réalité, quant à elle, c'est autre chose. On peut dire la vérité sur la réalité, mais on ne peut pas dire la réalité. La réalité se vit, ne se dit pas. Mais la réalité est un concet très vague, un vécu très fluctuant. La réalité de ma mère changeait en fonction de son état, et la nôtre aussi. Je ne sais pas ce qu'est la réalité, mais je sais une chose: elle se moque des individus, elle est indifférente. La façon dont on la vit dépend entièrement de nous, tout comme sa beauté ou sa laideur.



Retrouvailles

 Ce que j'ai écris il y a 15 ans, un peu plus, un peu moins, je me retrouve. Pour des raisons techniques, je n'ai plus pu ajouter d'articles à ce blog, puis j'ai oublié... Vous savez, l'eau sous les ponts.

J'ai retrouvé, je me retrouve. Est-ce que ça veut dire que je suis aussi malade aujourd'hui que je l'étais hier ? Ou que je suis encore moi-même ?

Ce que j'étais, je le retrouve. Ce que j'écrivais, je le comprends encore. Peu importe qui lira, qui a lu.

mercredi 29 avril 2026

Today's mood: silence in my head, void in my heart. Life is going on around.

Feel like looking at my life from some point above, seeing myself breathing without making it to reach myself.


Truth and lie

I find it hard to deal with truth or lie: why?

1) Liying can get you protected
2) My delusional mother: her grasp on reality was shaky
3) Saying the truth is useless if the recipient doesn't care about it. Truth is not useful

Solution: silence. At best, saying nothing doesn't hurt. At worst: saying kills.

Life's teachings.

Don't tell the psychologist!



Idée du jour: silence dans la tête, vide au cœur. La vie suit son cours.

Je regarde ma vie de là-haut: eje m'observe souffler sans réussir à m'atteindre.


Vérité et mensonge

J'ai un rapport difficile avec la vérité et le mensonge : pourquoi ?

1) Mentir peut protéger
2) Les délires de ma mère : sa perception de la réalité était fluctuante
3) Dire la vérité ne sert à rien si celui qui la reçoit n'en veut pas. La vérité n'intéresse pas.

Solution : le silence. Au mieux, ne rien dire ne nuit pas. Au pire, dire tue.

Leçons de vie.

Ne le dîtes pas au psy!


samedi 28 février 2015

Je ne suis pas Charlie

Juste un petit mot de ras-le-bol en des temps de lavage de cerveau collectif. Je ne suis ni Charlie, ni personne d'autres. Je n'ai jamais aimé ce journal et ne l'aimerais pas. Je le trouve insultant, faussement libertaire, le genre de pensée libertaire autorisée par l'esprit hautement conformiste à la française,

Ceci dit, cela n'autorise personne à tirer comme bon lui semble sur qui que ce soit, et je n'ai que de la pitié pour les pauvres imbéciles qui ont abattu d'autres êtres humains.

Pour autant, je ne me résout pas à rejoindre les fanfares officielles qui font des héros de personnes dont certaines auraient peut-être elles-mêmes refusé de tels hommages.

Tant que ce pays n'aura pas résolu son problème de racisme, ou ne l'aura au moins pas reconnu comme tel, du racisme crasse et ignorant, il n'y aura rien à en tirer.

Donc je répète, je ne suis pas Charlie.

mercredi 5 décembre 2012